Une tendinite peut transformer un simple geste du quotidien en véritable épreuve : soulever une casserole, monter des escaliers, taper sur un clavier ou courir quelques kilomètres devient soudain douloureux. Les consultations pour tendinite représentent une part importante des troubles musculo-squelettiques, aussi bien chez les sportifs que chez les personnes sédentaires qui effectuent des gestes répétitifs. Comprendre les mécanismes de l’inflammation tendineuse, les facteurs de risque et les traitements naturels validés permet de reprendre le contrôle, de réduire la douleur et de prévenir les rechutes. Vous allez voir qu’en combinant stratégies locales, exercices adaptés, phytothérapie et hygiène de vie, il est possible de favoriser une vraie régénération des tendons plutôt que de simplement masquer la douleur.
Comprendre la tendinite : types, mécanismes inflammatoires et facteurs de risque
Tendinite vs tendinopathie : définitions, phases inflammatoires et dégénérescentes
Le terme tendinite est encore très utilisé, mais sur le plan scientifique, le mot le plus juste est souvent tendinopathie. Dans les premières semaines, il existe généralement une phase inflammatoire réelle (d’où le suffixe « -ite »), liée à des micro-lésions et à un afflux de médiateurs de l’inflammation. Au-delà de quelques semaines, surtout si la surcharge persiste, le tendon entre dans une phase dégénérative : les fibres de collagène se désorganisent, la vascularisation reste faible et la douleur devient chronique, même en l’absence d’inflammation aiguë.
Les études d’imagerie et d’histologie montrent que ces tendinopathies chroniques s’accompagnent d’un épaississement du tendon et d’une altération de la qualité du collagène. C’est une des raisons pour lesquelles les simples anti-inflammatoires classiques soulagent parfois peu sur le long terme. Pour vous, cela signifie qu’un traitement naturel efficace doit viser à la fois la gestion de la douleur, le contrôle de l’inflammation et la reconstruction progressive du tendon.
Principales localisations : épicondylite (tennis elbow), tendinite d’achille, coiffe des rotateurs, tendinite rotulienne
Dans la pratique clinique, quatre zones sont particulièrement touchées :
- l’épicondylite latérale ou « tennis elbow », liée aux extenseurs du poignet et des doigts ;
- la tendinite d’Achille, fréquente chez les coureurs, marcheurs et amateurs de sports explosifs ;
- les tendinopathies de la coiffe des rotateurs (épaule), notamment du sus-épineux ;
- la tendinite rotulienne (« genou du sauteur ») au niveau du tendon patellaire.
Des études indiquent que ces localisations représentent une majorité des tendinopathies sportives, avec des prévalences pouvant dépasser 20 % chez certains groupes d’athlètes. Vous pouvez néanmoins développer une tendinite au poignet, à la hanche, au pouce ou au coude sans pratiquer de sport, simplement à cause de mouvements répétitifs ou de postures prolongées.
Facteurs biomécaniques et posturaux : surmenage, gestes répétitifs, déséquilibres musculaires
Un tendon souffre rarement « par hasard ». Les données épidémiologiques montrent qu’environ 60 à 80 % des tendinites sont liées à des gestes répétitifs ou à des charges mal dosées. Un volume d’entraînement trop élevé, un manque d’échauffement, une mauvaise technique de course ou de geste sportif créent des zones de surcharge. À cela s’ajoutent souvent des déséquilibres musculaires : muscles raides d’un côté, muscles faibles de l’autre, qui décentrent l’articulation et augmentent les contraintes locales sur le tendon.
Dans un environnement professionnel, un poste mal réglé, une souris trop éloignée, un clavier trop haut ou des outils vibrants favorisent aussi les tendinopathies. Vous avez donc tout intérêt à analyser vos gestes quotidiens : où forcez-vous « toujours au même endroit » ? C’est là que commence la prévention naturelle de la tendinite.
Rôle de la microcirculation, du collagène et du stress oxydatif dans la douleur tendineuse
Les tendons sont peu vascularisés : la microcirculation locale est faible, ce qui ralentit la cicatrisation. Quand une tendinite s’installe, cette zone déjà mal irriguée doit éliminer des déchets inflammatoires tout en reconstruisant du collagène. Lorsque le stress oxydatif est élevé (tabac, alimentation ultra-transformée, manque de micronutriments), les fibres de collagène se dégradent plus vite qu’elles ne se réparent, ce qui entretient la douleur et la raideur.
Plusieurs études ont mis en évidence le rôle central des fibres de collagène de type I et des cellules tendineuses (ténocytes) dans la qualité mécanique du tendon. Imaginer le tendon comme un câble : si les brins sont abîmés, mal alignés et oxydés, le câble casse plus facilement. Les approches naturelles efficaces vont donc chercher à améliorer la microcirculation (massage, chaleur douce, activité modulée) et à soutenir la synthèse de collagène via la nutrition et certains compléments.
Protocoles naturels de base : repos actif, cryothérapie, chaleur et auto-gestion de la douleur
Application de froid (cryothérapie) : packs de gel, bain de glace, protocole RICE/PRICE
Le froid reste l’un des traitements naturels les plus rapides pour calmer une tendinite récente. La glace provoque une vasoconstriction locale, réduit la conduction des fibres nerveuses douloureuses et limite la réaction inflammatoire excessive. Les recommandations courantes préconisent 10 à 20 minutes de froid, 3 à 4 fois par jour, dans les 48 à 72 premières heures de la poussée douloureuse.
Vous pouvez utiliser un pack de gel, un sachet de petits pois surgelés ou une poche de froid instantané, toujours enveloppé dans un linge pour éviter les brûlures. Dans un protocole de type RICE ou PRICE (Protection, Rest, Ice, Compression, Elevation), cette cryothérapie est associée à une protection relative du tendon et à une légère compression élastique si nécessaire. Pour une tendinite d’Achille, par exemple, un bain de glace pour le pied et la cheville peut être très efficace au début.
Thermothérapie locale : quand utiliser la chaleur humide, coussins chauffants et compresses
Une fois la phase aiguë passée, la chaleur devient un allié intéressant, notamment pour les tendinites chroniques et les muscles contracturés autour du tendon. La thermothérapie humide (bouillotte enveloppée, coussin chauffant, douche chaude ciblée) augmente la microcirculation, relâche les tensions musculaires et prépare les tissus avant un auto-massage ou des étirements doux.
La chaleur ne doit pas être utilisée sur une zone très rouge, gonflée et chaude, au risque d’aggraver un œdème aigu. En revanche, sur une douleur traînante, raide au réveil et qui s’améliore en bougeant, un protocole alternant chaleur douce et auto-massage peut significativement améliorer la mobilité et la perception de la douleur au bout de quelques jours.
Repos actif et modifications de charge : adaptation du volume d’entraînement et ergonomie au travail
Arrêter totalement de bouger n’est pas la solution. Les travaux récents en médecine du sport insistent sur la notion de repos actif : il s’agit de diminuer la charge douloureuse, mais de maintenir une activité compatible avec la cicatrisation tendineuse. Pour vous, cela peut signifier réduire la fréquence des séances de course, éviter les descentes, remplacer les sauts par du vélo ou de la natation pendant quelques semaines.
Au travail, modifier la hauteur de votre chaise, rapprocher la souris, utiliser un repose-poignet ou fractionner les tâches répétitives réduit la tension sur le tendon. L’objectif est de ramener la charge sous le seuil de tolérance du tendon, tout en conservant du mouvement pour stimuler la réparation. Cette modulation de charge est l’un des meilleurs « traitements naturels » à long terme.
Auto-massage myofascial : rouleaux de massage, balles de trigger points et techniques ciblées
L’auto-massage myofascial avec rouleau ou balle est particulièrement utile pour diminuer les tensions musculaires qui surchargent un tendon. Des études publiées ces dernières années montrent une amélioration de la souplesse et une réduction de la douleur perçue après quelques minutes d’automassage par jour. L’image du « câblage » reste parlante : libérer les muscles et fascias autour de l’articulation permet de recentrer le mouvement et de diminuer l’étirement excessif sur la zone lésée.
Pour une tendinite d’Achille, travailler les mollets (gastrocnémiens et soléaire) avec un rouleau est pertinent. Pour un tennis elbow, utiliser une balle sur les extenseurs de l’avant-bras et le triceps aide souvent. La clé est d’y aller progressivement, de respirer profondément et de rester sur une douleur « supportable », en évitant les pressions directes trop fortes sur le tendon lui-même au début.
Plantes médicinales et compléments naturels validés pour la tendinite
Curcuma (curcumine) et gingembre : modulation de la COX-2 et action anti-inflammatoire naturelle
Le curcuma et le gingembre font partie des anti-inflammatoires naturels les plus documentés. La curcumine, principe actif majeur du curcuma, module l’expression de la COX‑2 et de certaines cytokines pro-inflammatoires. Plusieurs essais cliniques ont montré des effets comparables à certains AINS légers sur les douleurs articulaires, avec un meilleur profil de tolérance digestive.
Le gingembre, riche en gingerols, agit sur des voies similaires et possède aussi un effet antioxydant marqué. Pour un effet systémique sur une tendinopathie, des doses journalières de 500 à 1 000 mg d’extrait standardisé de curcuma, souvent associé à de la pipérine pour améliorer l’absorption, sont fréquemment utilisées, en complément d’une alimentation déjà anti-inflammatoire. Le gingembre peut être consommé en infusion, râpé frais ou sous forme de complément.
Harpagophytum procumbens (griffe du diable) : indications, posologies et précautions articulaires
L’harpagophytum, ou griffe du diable, est reconnu pour ses propriétés antalgiques et anti-inflammatoires, en particulier sur les douleurs articulaires chroniques et les tendinites. Les études suggèrent une réduction de la douleur et une amélioration de la mobilité après plusieurs semaines de prise, grâce à ses harpagosides qui modulent plusieurs médiateurs de l’inflammation.
Les posologies usuelles se situent autour de 600 à 1 200 mg d’extrait sec par jour, en cure de 4 à 8 semaines. Une prudence s’impose en cas d’ulcère gastrique, de traitement anticoagulant ou de pathologies cardiaques. L’harpagophytum reste un outil intéressant à intégrer dans une approche globale, surtout si vous cherchez une alternative naturelle aux anti-inflammatoires classiques pour une tendinite chronique.
Oméga-3 (EPA/DHA) et huile de poisson : impact sur l’inflammation systémique et les tendons
Une alimentation riche en oméga‑3 (EPA/DHA) est associée à une diminution de l’inflammation systémique et à une meilleure santé articulaire. Ces acides gras agissent directement sur la balance oméga‑6 / oméga‑3, souvent déséquilibrée dans les régimes occidentaux, et réduisent la production de prostaglandines pro-inflammatoires.
Chez les personnes présentant des douleurs articulaires ou tendineuses, une supplémentation de 1 à 2 g d’EPA+DHA par jour, sous forme d’huile de poisson ou d’huile de krill, montre des bénéfices sur la raideur matinale et la douleur après plusieurs semaines. Pour vous, intégrer des poissons gras (sardines, maquereaux, harengs) 2 à 3 fois par semaine reste un socle incontournable, la supplémentation venant compléter en cas de besoin accru.
Bromélaïne, boswellia serrata et quercétine : synergies enzymatiques et anti-inflammatoires
La bromélaïne, enzyme extraite de l’ananas, possède un effet anti-inflammatoire et antioedémateux intéressant dans les traumatismes musculo-tendineux. Associée à des plantes comme le boswellia serrata (riche en acides boswelliques) et des flavonoïdes comme la quercétine, elle fait partie de nombreuses formules « articulations » visant à réduire l’inconfort sans recourir aux AINS.
Cette synergie enzymatique peut réduire le gonflement, améliorer la mobilité et favoriser l’élimination des métabolites inflammatoires. Pour une tendinite, ces compléments restent des adjuvants : ils ne remplacent ni l’ajustement de charge ni les exercices excentriques, mais améliorent le terrain inflammatoire, notamment chez les personnes poly-douloureuses ou avec un terrain arthrosique associé.
Compléments de collagène, vitamine C et manganèse : soutien de la synthèse des fibres tendineuses
Les peptides de collagène de type I et II sont aujourd’hui bien étudiés dans le domaine des douleurs articulaires et tendineuses. Plusieurs essais sur 6 à 24 semaines ont montré une diminution des douleurs liées à l’effort et une amélioration de la fonction articulaire chez des sportifs ou des personnes âgées consommant 5 à 10 g de collagène hydrolysé par jour.
La vitamine C, le manganèse, le zinc et la glycine jouent un rôle clé comme cofacteurs de la synthèse de collagène. Sans apport suffisant, la « qualité du câble » tendineux reste médiocre. Concrètement, une routine qui associe 5 à 10 g de peptides de collagène le matin, de la vitamine C (via les fruits, légumes ou un complément), et une alimentation riche en acides aminés spécifiques (bouillons d’os, gélatine) constitue une base solide pour soutenir la réparation tendineuse.
Techniques manuelles et thérapies physiques naturelles pour les tendinites chroniques
Kinésithérapie et massages transverses profonds (méthode cyriax) pour la réorganisation du collagène
La kinésithérapie spécialisée dans les tendinopathies repose en grande partie sur les massages transverses profonds (MTP) et les exercices excentriques. La méthode Cyriax consiste à appliquer des pressions perpendiculaires aux fibres du tendon, pendant quelques minutes, afin de stimuler la vascularisation locale et de favoriser une meilleure organisation des fibres de collagène.
Ce type de massage peut être inconfortable au début, mais de nombreux patients rapportent une amélioration de la souplesse et une diminution de la douleur après plusieurs séances. Couplé à des exercices ciblés, il agit comme un « remodelage » contrôlé du tendon, un peu comme si vous lissiez et réaligniez petit à petit les brins d’un câble abîmé.
Ondes de choc radiales et focales : protocole naturel non invasif pour tendinite d’achille et épicondylite
Les ondes de choc extracorporelles, radiales ou focales, sont devenues un traitement de référence pour certaines tendinopathies chroniques (Achille, épicondyle, fascia plantaire). Cette technique non invasive utilise des impulsions mécaniques de haute énergie pour stimuler la néo-vascularisation, briser d’éventuelles calcifications et relancer le processus de réparation.
Les protocoles classiques comportent 3 à 5 séances espacées d’une à deux semaines, avec un taux de succès rapporté de 60 à 80 % selon les études et les localisations. Le traitement reste « naturel » dans le sens où il ne repose ni sur un médicament, ni sur une chirurgie, mais sur la mécano-transduction : le tendon reçoit un signal mécanique intense qui l’incite à se régénérer.
Dry needling et acupuncture traditionnelle chinoise : points spécifiques pour le tennis elbow et la coiffe des rotateurs
Le dry needling (ponction sèche) consiste à insérer de fines aiguilles dans des points gâchettes musculaires et parfois proches du tendon pour diminuer la douleur et les spasmes. Bien que distinct de l’acupuncture traditionnelle chinoise, il partage un outil commun : l’aiguille. Plusieurs travaux ont montré une amélioration de la douleur, parfois dès les premières séances, pour les tendinites de l’épaule et du coude.
L’acupuncture, quant à elle, mobilise des méridiens énergétiques et des points précis correspondant à des zones de douleur et de blocage. Au-delà du débat sur les mécanismes exacts, les études cliniques rapportent une réduction significative de la douleur dans de nombreuses tendinopathies, avec un excellent profil de tolérance, ce qui en fait une option sérieuse si vous cherchez une approche naturelle complémentaire.
Physiothérapie par ultrasons, laser basse intensité et TENS : modulation de la douleur sans médicaments
Les ultrasons thérapeutiques, le laser à basse intensité et la neurostimulation électrique transcutanée (TENS) sont fréquemment utilisés en rééducation pour moduler la douleur et stimuler localement les tissus. Les ultrasons et le laser semblent améliorer le métabolisme cellulaire et la microcirculation, tandis que le TENS agit surtout sur les voies de la douleur au niveau nerveux.
La littérature scientifique est parfois mitigée sur l’ampleur de ces effets, mais, dans une approche combinée avec exercices et éducation du patient, ces techniques offrent souvent un soulagement suffisant pour vous permettre de bouger davantage, ce qui reste la clé de la guérison tendineuse.
Ostéopathie et chiropraxie : correction des dysfonctions articulaires et contraintes tendineuses
L’ostéopathie et la chiropraxie se concentrent sur la mobilité globale du système musculo-squelettique. Une articulation bloquée ou mal centrée peut augmenter les contraintes sur un tendon voisin. Par exemple, une hypomobilité de la colonne thoracique ou de l’omoplate va surcharger la coiffe des rotateurs ; un blocage de cheville va modifier la trajectoire des forces sur le tendon d’Achille.
Un praticien expérimenté va rechercher et corriger ces dysfonctions articulaires, myofasciales et parfois viscérales, afin de redonner au corps un schéma de mouvement plus harmonieux. Pour vous, cette approche est particulièrement pertinente en cas de tendinite récidivante malgré une bonne rééducation locale, signe qu’un facteur mécanique à distance n’a pas encore été traité.
Exercices thérapeutiques et renforcement excentrique pour la régénération des tendons
Exercices excentriques d’achille (méthode alfredson) : protocole, fréquence et progression
Le renforcement excentrique est aujourd’hui l’un des piliers scientifiques du traitement naturel de la tendinite d’Achille. Le protocole d’Alfredson, largement étudié, consiste à réaliser des montées sur la pointe des pieds en charge, puis des descentes lentes du talon en excentrique, genou tendu et genou fléchi, plusieurs fois par jour.
Le programme classique propose 3 séries de 15 répétitions, deux fois par jour, 7 jours sur 7, pendant 12 semaines, en augmentant progressivement la charge (sac à dos lesté, par exemple) si la douleur reste tolérable. Pourquoi cela fonctionne-t-il ? Parce que l’excentrique envoie au tendon un signal de reconstruction très spécifique, favorisant une meilleure organisation des fibres de collagène et une augmentation de sa tolérance à la charge.
Programme excentrique pour tendinite rotulienne : squats sur plan incliné et travail unipodal
Pour le tendon rotulien, des protocoles équivalents existent. Le plus répandu repose sur des squats excentriques sur plan incliné (15 à 25°), réalisés en unipodal. Vous descendez lentement en flexion de genou, puis remontez éventuellement à deux jambes pour limiter la charge concentrique sur le tendon douloureux.
Ce travail sur plan incliné augmente le stress spécifique sur le tendon patellaire, ce qui, bien dosé, stimule sa régénération. Une fréquence de 3 à 4 séances par semaine, sur 8 à 12 semaines, donne généralement les meilleurs résultats, en association avec un ajustement de la charge de course, des sauts et des efforts explosifs.
Rééducation de la coiffe des rotateurs : renforcement des rotateurs externes avec bandes élastiques
La coiffe des rotateurs, et notamment les rotateurs externes (infra-épineux, petit rond), joue un rôle majeur dans la stabilité de l’épaule. Un déséquilibre en faveur des muscles internes (grand pectoral, grand dorsal) est fréquent, surtout chez les sportifs de lancer, de raquette ou en musculation mal programmée. Le renforcement spécifique des rotateurs externes avec bandes élastiques permet de recentrer la tête humérale dans la glène.
Des exercices en rotation externe coude au corps, puis en élévation à 90°, réalisés 3 à 4 fois par semaine, avec une progression de la résistance, contribuent à diminuer la compression sous-acromiale et la souffrance tendineuse. La régularité est primordiale : mieux vaut 10 minutes, 4 fois par semaine, que 45 minutes une seule fois.
Étirements spécifiques des fléchisseurs et extenseurs du poignet pour l’épicondylite latérale et médiale
Pour le tennis elbow (épicondylite latérale) et le golf elbow (médiale), les étirements ciblés des fléchisseurs et extenseurs du poignet aident à réduire la tension sur le tendon. L’idée est simple : mettre le muscle en extension douce, tenir 30 secondes, répéter 3 à 4 fois, plusieurs fois par jour, sans déclencher une douleur vive.
Par exemple, pour les extenseurs, bras tendu devant vous, paume vers le bas, vous fléchissez le poignet avec l’autre main jusqu’à sentir un étirement tolérable sur l’avant‑bras. Couplés à un renforcement progressif (excentrique) de ces mêmes muscles avec un haltère léger ou un élastique, ces étirements font partie des gestes d’auto‑rééducation les plus efficaces contre l’épicondylite chronique.
Proprioception et gainage fonctionnel : prévention des récidives chez le coureur et le joueur de tennis
La proprioception (capacité à percevoir la position de ses articulations dans l’espace) et le gainage fonctionnel sont essentiels pour prévenir les tendinites récidivantes. Chez le coureur, un travail sur l’équilibre unipodal, les appuis dynamiques, la stabilité du bassin et du tronc réduit les contraintes anormales sur Achille, le genou et la hanche. Chez le joueur de tennis, la stabilité de l’omoplate, le gainage rotatoire et la qualité des appuis conditionnent directement la charge sur le coude et l’épaule.
Des exercices sur coussin instable, des fentes multidirectionnelles, du gainage latéral, des drills de pieds et des sauts contrôlés font partie des outils efficaces. La plupart des études récentes en prévention des blessures montrent que ces programmes neuromusculaires réduisent significativement le risque de récidive, à condition d’être intégrés durablement à la routine d’entraînement.
Approches intégratives : alimentation anti-inflammatoire, micronutrition et hygiène de vie
Plan alimentaire anti-inflammatoire : réduction des sucres raffinés, gluten et graisses trans
L’alimentation influence directement l’inflammation systémique et le stress oxydatif, deux facteurs clés dans la tendinopathie chronique. Un plan alimentaire anti-inflammatoire met l’accent sur les légumes (en particulier verts et colorés), les fruits entiers, les bonnes graisses (huile d’olive, noix, graines), les protéines de qualité et limite les sucres rapides, les farines raffinées, les graisses trans et les produits ultra-transformés.
Chez certaines personnes sensibles, réduire le gluten et les produits laitiers industriels améliore aussi les douleurs articulaires. Le but n’est pas la restriction extrême, mais la cohérence : chaque repas représente soit un pas vers la régénération tendineuse, soit un pas vers la « surchauffe » inflammatoire généralisée. Vous pouvez commencer par des changements simples : retirer les sodas, limiter les pâtisseries industrielles, cuisiner davantage maison.
Rôle du magnésium, de la vitamine D et des polyphénols (thé vert, baies) dans la récupération tendineuse
Le magnésium participe à plus de 300 réactions enzymatiques, dont de nombreuses liées à la contraction musculaire, à la gestion du stress et à l’inflammation. Une carence légère, très fréquente, favorise les contractures, la fatigue et la sensibilité aux douleurs chroniques. Un apport via les aliments (amandes, cacao non sucré, légumineuses, légumes verts) et, si besoin, via un complément bien absorbé, peut faire une réelle différence.
La vitamine D joue un rôle sur l’immunité, les os, les muscles et probablement la régulation de l’inflammation tendineuse. De nombreuses études montrent qu’un taux insuffisant est associé à une augmentation des douleurs musculo-squelettiques. Enfin, les polyphénols du thé vert, des baies, du raisin ou des herbes aromatiques agissent comme antioxydants puissants, protégeant les tissus des dommages liés au stress oxydatif. Intégrer quotidiennement ces aliments apporte un soutien discret mais constant à la récupération tendineuse.
Gestion du sommeil et du cortisol : impacts du stress chronique sur la réparation des tissus
Les tendons se régénèrent surtout la nuit, durant les phases profondes du sommeil. Un manque de sommeil chronique ou un sommeil très fragmenté réduit la sécrétion d’hormone de croissance et perturbe les processus de réparation. Parallèlement, un stress chronique élevé maintient des niveaux de cortisol trop importants, ce qui peut diminuer la synthèse de collagène et augmenter la dégradation des tissus conjonctifs.
Pour vous, instaurer une routine de coucher régulière, limiter les écrans le soir, pratiquer des techniques de respiration, de méditation ou de cohérence cardiaque et préserver des plages de récupération mentale est loin d’être anecdotique. La plupart des personnes souffrant de douleurs chroniques sous-estiment l’impact cumulatif de ces facteurs sur la tendinite.
Hydratation, équilibre acido-basique et réduction de l’alcool pour limiter les poussées douloureuses
Une hydratation insuffisante épaissit le sang, ralentit la microcirculation et limite l’élimination des déchets métaboliques. Les tendons, déjà mal vascularisés, en souffrent particulièrement. Viser 1,5 à 2 litres d’eau par jour, en adaptant selon votre gabarit et votre niveau d’activité, offre un environnement plus favorable à la cicatrisation. Certaines eaux riches en bicarbonates contribuent en plus à tamponner une partie de la charge acide alimentaire.
L’excès d’alcool, de viande rouge, de charcuterie, de produits sucrés et de sodas augmente la production d’acides et de toxines, ce qui entretient les terrains inflammatoires. À l’inverse, une alimentation riche en aliments alcalinisants (légumes, fruits, herbes, graines) et une consommation modérée d’alcool réduisent la fréquence et l’intensité des poussées douloureuses. Un tendon fragilisé devient alors moins réactif à chaque micro-surcharge, ce qui facilite la progression de votre rééducation et la reprise durable de vos activités physiques.