La transformation numérique du secteur de la santé s’accélère à un rythme sans précédent. Les dispositifs médicaux connectés, regroupés sous l’acronyme IoMT (Internet of Medical Things), redéfinissent profondément la manière dont les professionnels de santé surveillent, diagnostiquent et traitent leurs patients. Cette révolution technologique ne se limite plus aux établissements hospitaliers : elle s’étend désormais au domicile des patients, permettant une surveillance médicale continue, personnalisée et proactive. Avec plus de 646 millions d’objets médicaux connectés actuellement utilisés dans les hôpitaux à travers le monde, et un marché qui devrait croître de 18% d’ici 2029, nous assistons à un changement de paradigme majeur dans la prise en charge médicale.

Cette mutation profonde s’appuie sur des capteurs toujours plus sophistiqués, des algorithmes d’intelligence artificielle de plus en plus performants, et des protocoles de communication sécurisés qui garantissent la confidentialité des données de santé. Le suivi médical traditionnel, basé sur des consultations ponctuelles et des examens espacés dans le temps, cède progressivement la place à une surveillance continue qui permet de détecter précocement les anomalies et d’ajuster les traitements en temps réel. Cette approche préventive transforme radicalement la relation thérapeutique et améliore significativement les résultats cliniques pour les patients atteints de pathologies chroniques.

Télésurveillance cardiaque par dispositifs IoMT : pacemakers et défibrillateurs connectés

Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde, responsables de près de 18 millions de décès chaque année selon les dernières statistiques de l’Organisation mondiale de la santé. Face à ce défi majeur de santé publique, la télésurveillance cardiaque s’impose comme une solution incontournable pour améliorer la prise en charge des patients cardiaques. Les dispositifs implantables connectés, tels que les pacemakers et défibrillateurs automatiques, permettent désormais une transmission automatique des données physiologiques vers les centres de surveillance médicale, réduisant ainsi de 50% le nombre d’hospitalisations non programmées selon plusieurs études cliniques récentes.

Cette approche proactive du suivi cardiaque transforme fondamentalement la relation entre le patient et son cardiologue. Plutôt que d’attendre l’apparition de symptômes alarmants ou la survenue d’événements graves, les équipes médicales peuvent désormais anticiper les complications et adapter les traitements avant même que vous ne ressentiez le moindre signe de détérioration de votre état de santé. Cette médecine prédictive, rendue possible par l’analyse continue de millions de battements cardiaques, représente un progrès considérable dans la prévention des accidents cardiovasculaires majeurs.

Système Medtronic CareLink pour la transmission automatique des données cardiaques

Le système CareLink développé par Medtronic incarne parfaitement cette révolution technologique dans le domaine de la cardiologie interventionnelle. Ce dispositif permet aux pacemakers et défibrillateurs implantables de transmettre automatiquement, via un boîtier domestique connecté à votre ligne téléphonique ou à internet, l’ensemble des paramètres cardiaques enregistrés. Les cardiologues reçoivent ainsi quotidiennement des rapports détaillés incluant le rythme cardiaque moyen, les épisodes d’arythmie détectés, l’impédance des électrodes et l’état de la batterie du dispositif implanté.

Cette transmission automatisée élimine la nécessité de vous déplacer régulièrement en consultation pour les contrôles de routine de votre dispositif cardiaque. Vous gagnez ainsi un temps préc

…ieux considérable et vous bénéficiez d’un suivi cardiaque continu, sans changer vos habitudes de vie. En cas d’anomalie significative (épisodes de fibrillation, chocs délivrés par le défibrillateur, défaillance d’une sonde), une alerte est automatiquement envoyée à l’équipe de rythmologie. Celle‑ci peut alors vous contacter, adapter votre traitement, programmer une consultation ou une hospitalisation en urgence si nécessaire. Le système Medtronic CareLink illustre ainsi comment les dispositifs IoMT rendent le suivi médical plus proactif, tout en sécurisant le quotidien des patients à distance.

Apple watch series 8 et détection de fibrillation auriculaire par électrocardiogramme

Au‑delà des dispositifs médicaux implantables, certains objets connectés grand public, comme l’Apple Watch Series 8, jouent désormais un rôle croissant dans la détection précoce des troubles du rythme. Cette montre connectée intègre un capteur permettant de réaliser un électrocardiogramme (ECG) à une dérivation en seulement 30 secondes. Les données enregistrées sont ensuite analysées par un algorithme certifié, capable de repérer une fibrillation auriculaire, l’arythmie la plus fréquente et un facteur majeur de risque d’accident vasculaire cérébral.

Concrètement, vous placez votre doigt sur la couronne digitale, la montre mesure l’activité électrique de votre cœur et génère un tracé ECG directement consultable sur votre iPhone ou exportable en PDF pour votre médecin. Lorsque l’algorithme détecte un rythme irrégulier compatible avec une fibrillation auriculaire, une notification s’affiche et vous invite à consulter. Bien sûr, l’Apple Watch ne remplace pas un examen réalisé en cabinet ou à l’hôpital, mais elle agit comme un capteur d’alerte précoce. Pour de nombreux patients asymptomatiques, cette première alerte a permis de poser un diagnostic à temps et de mettre en place un traitement anticoagulant préventif.

Holter ECG connecté BioTelemetry et analyse cloud en temps réel

Pour les patients nécessitant un suivi cardiaque plus approfondi, les Holter ECG connectés, tels que ceux proposés par BioTelemetry (groupe Philips), représentent une avancée majeure. Contrairement aux Holter traditionnels, qui stockent les données sur un boîtier à rapporter à l’hôpital, ces dispositifs transmettent en continu les signaux ECG vers une plateforme cloud sécurisée. Les enregistrements peuvent ainsi s’étendre sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans interrompre votre vie quotidienne.

Les centres de télésurveillance cardiaque disposent d’un accès en temps réel à vos tracés ECG et peuvent être automatiquement alertés en cas d’épisode grave : tachycardie ventriculaire, pause sinusale prolongée, bloc auriculo‑ventriculaire. L’analyse ne se fait plus uniquement a posteriori, mais en continu, ce qui permet d’intervenir plus tôt, par exemple en ajustant un traitement anti‑arythmique ou en programmant la pose d’un pacemaker. Pour vous, cela signifie moins de séjours à l’hôpital, moins de délais d’attente pour obtenir un compte‑rendu et un suivi médical beaucoup plus réactif.

Détection précoce des arythmies grâce aux algorithmes d’intelligence artificielle embarqués

Le véritable changement de dimension dans la télésurveillance cardiaque vient de l’intelligence artificielle embarquée dans ces dispositifs IoMT. Les pacemakers, défibrillateurs, Holter et montres connectées intègrent désormais des algorithmes capables de reconnaître des motifs anormaux dans des millions de battements cardiaques. Comme un radar qui filtre le bruit pour ne laisser passer que les signaux pertinents, ces algorithmes de machine learning identifient les changements subtils de rythme pouvant annoncer une décompensation cardiaque.

Cette analyse automatisée permet de réduire considérablement les faux positifs, qui surchargeaient auparavant les équipes médicales, tout en améliorant la sensibilité pour les événements réellement graves. Certains modèles prédictifs vont encore plus loin en estimant votre risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque dans les semaines à venir, à partir de paramètres comme la variabilité de la fréquence cardiaque ou l’activité physique. Vous vous demandez comment cela se traduit concrètement pour vous ? Par des ajustements de traitement en amont, des consultations avancées et, au final, une diminution des passages aux urgences.

Glucomètres connectés et patch CGM pour la gestion du diabète en continu

Le diabète est l’un des domaines où les objets connectés ont le plus profondément transformé le suivi médical. Pendant longtemps, la surveillance glycémique reposait sur des mesures ponctuelles au bout du doigt, souvent vécues comme contraignantes et douloureuses. Avec l’arrivée des glucomètres connectés et des systèmes de Continuous Glucose Monitoring (CGM) sous forme de patch, le suivi du diabète devient continu, discret et largement automatisé. Vous n’avez plus besoin de vous piquer plusieurs fois par jour pour savoir où en est votre glycémie.

Ces capteurs IoMT mesurent en temps réel la concentration de glucose dans le liquide interstitiel, toutes les quelques minutes, puis transmettent les données à votre smartphone ou à votre lecteur dédié. Les applications associées affichent des courbes détaillées, des flèches de tendance et génèrent des alertes en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie. Pour les diabétiques de type 1 comme de type 2, cette visibilité permanente sur le profil glycémique change tout : ajustement plus fin des doses d’insuline, meilleure compréhension de l’impact des repas et de l’activité physique, et réduction documentée du temps passé en dehors de la plage cible.

Freestyle libre 3 d’abbott : capteur sous-cutané et alertes glycémiques personnalisées

Le système FreeStyle Libre 3 d’Abbott illustre parfaitement cette révolution de la santé connectée dans le diabète. Il se compose d’un petit capteur rond, appliqué sur la peau (généralement à l’arrière du bras) et inséré de façon indolore dans le tissu sous‑cutané. Ce capteur mesure la glycémie en continu pendant jusqu’à 14 jours, sans qu’aucune piqûre au bout du doigt ne soit nécessaire en routine. Les données sont transmises automatiquement, via Bluetooth, à une application mobile qui affiche votre taux de glucose en temps réel.

Vous pouvez définir vos propres seuils d’alerte en fonction de vos objectifs thérapeutiques : en dessous d’un certain niveau, une notification d’hypoglycémie vous avertit immédiatement, de jour comme de nuit. À l’inverse, en cas d’hyperglycémie prolongée, vous êtes incité à corriger plus tôt votre dose d’insuline ou à revoir votre alimentation. Pour beaucoup de patients, cette personnalisation des alertes glycémiques se traduit par une réduction du temps passé en hypoglycémie, l’un des risques les plus redoutés, notamment chez les personnes âgées vivant seules.

Dexcom G7 et intégration avec pompes à insuline intelligentes tandem t:slim X2

Le Dexcom G7 représente une autre référence majeure sur le marché des capteurs CGM connectés. Sa particularité ? Une grande précision, un temps de préchauffage très court et surtout une capacité d’intégration poussée avec les pompes à insuline intelligentes comme la Tandem t:slim X2. Dans ce que l’on appelle parfois le « pancréas artificiel », le capteur Dexcom mesure votre glycémie en temps réel, tandis que la pompe ajuste automatiquement le débit d’insuline basale en fonction des données reçues.

Concrètement, si votre glycémie commence à chuter, la pompe réduit ou suspend temporairement l’administration d’insuline pour éviter une hypoglycémie. À l’inverse, si votre taux grimpe, le système augmente progressivement l’insuline dans les limites définies par votre diabétologue. Vous restez bien sûr maître de vos bolus pour les repas, mais la charge mentale liée au calcul permanent des doses diminue fortement. Ce type de boucle semi‑fermée illustre parfaitement comment les dispositifs IoMT, en communiquant entre eux, révolutionnent le suivi médical du diabète au quotidien.

Analyse prédictive des tendances glycémiques par machine learning

Au‑delà de la simple mesure continue du glucose, les systèmes CGM les plus avancés exploitent des algorithmes de machine learning pour analyser vos tendances glycémiques. Plutôt que de se contenter de vous indiquer un chiffre instantané, ils calculent la vitesse de variation, la forme de vos courbes et les corrèlent à vos habitudes (repas, sommeil, activité physique). Imaginez ces algorithmes comme un GPS de votre glycémie : ils ne se contentent pas de vous dire où vous êtes, ils anticipent aussi où vous risquez d’aller si rien ne change.

Ces modèles prédictifs peuvent ainsi vous avertir qu’une hypoglycémie est probable dans les 20 à 30 minutes à venir, même si votre taux actuel semble encore dans la norme. Cette anticipation vous laisse le temps de réagir, par exemple en prenant une collation ou en diminuant un bolus d’insuline. Pour les professionnels de santé, l’analyse rétrospective de ces données permet d’identifier des schémas problématiques récurrents (hypoglycémies nocturnes, pics post‑prandiaux répétés) et d’ajuster plus finement les schémas thérapeutiques.

Partage des données glucose en temps réel avec les endocrinologues via plateformes sécurisées

Un autre atout majeur des glucomètres et capteurs CGM connectés réside dans le partage sécurisé des données avec l’équipe soignante. Grâce à des plateformes cloud dédiées, vos courbes glycémiques, historiques d’insuline et événements d’alerte peuvent être consultés à distance par votre diabétologue, votre infirmier(ère) en pratique avancée ou votre médecin traitant. Vous n’avez plus besoin d’apporter un carnet papier ou de télécharger manuellement vos données lors de chaque consultation.

Lors d’une téléconsultation, le professionnel de santé visualise en quelques clics votre temps passé dans la plage cible, la variabilité glycémique et la fréquence de vos hypoglycémies. Il peut ainsi ajuster immédiatement vos doses, sans attendre le prochain rendez‑vous présentiel. Pour les parents d’enfants diabétiques, la possibilité de suivre en temps réel la glycémie de leur enfant, à distance de l’école ou d’une activité sportive, est également un gage de sérénité. Là encore, les objets connectés transforment le suivi médical en une démarche continue, collaborative et beaucoup plus réactive.

Dispositifs portables de monitoring respiratoire et oxymétrie connectée

Les pathologies respiratoires chroniques, comme l’asthme ou la BPCO, figurent parmi les principales causes d’hospitalisation et de handicap à long terme. Les dispositifs de monitoring respiratoire connectés et l’oxymétrie de pouls en temps réel offrent de nouvelles possibilités pour surveiller la fonction respiratoire à domicile. Comme un tableau de bord embarqué, ces objets connectés vous fournissent des indicateurs clés : saturation en oxygène, fréquence respiratoire, débit expiratoire de pointe ou encore qualité du sommeil.

En cas de dérive progressive de ces paramètres, une alerte peut être envoyée à votre pneumologue ou à votre infirmier(ère), permettant d’intensifier le traitement ou d’organiser une consultation avant la décompensation aiguë. Pour les patients atteints de BPCO sévère, ce type de télésurveillance respiratoire a déjà démontré une réduction des hospitalisations et des passages aux urgences. Vous vous demandez peut‑être si ces mesures sont fiables ? De nombreux oxymètres et spiromètres connectés bénéficient aujourd’hui de validations cliniques et d’un marquage CE en tant que dispositifs médicaux.

Oxymètres de pouls sans fil nonin et surveillance de la saturation en oxygène nocturne

Les oxymètres de pouls sans fil, comme ceux proposés par Nonin, jouent un rôle clé dans la surveillance de la saturation en oxygène (SpO2), en particulier pendant la nuit. Ces petits capteurs, généralement placés au doigt, mesurent en continu la SpO2 et la fréquence cardiaque, puis transmettent les données à une passerelle ou à une application mobile. Pour les patients sous oxygénothérapie ou atteints de BPCO, cette surveillance nocturne permet de vérifier l’efficacité du traitement et de détecter les désaturations répétées qui fatiguent le cœur et le cerveau.

Les enregistrements peuvent être analysés automatiquement pour repérer des épisodes de désaturation en grappes, évocateurs d’apnées du sommeil non diagnostiquées, ou une dégradation globale de la fonction respiratoire. Les données sont ensuite partagées avec le pneumologue, qui peut ajuster les débits d’oxygène, recommander un examen du sommeil plus approfondi ou envisager la mise en place d’une ventilation non invasive. Là encore, la combinaison d’objets connectés et de plateformes cloud sécurisées simplifie un suivi qui, auparavant, nécessitait des hospitalisations de nuit.

Spiromètres connectés pour le suivi de l’asthme et BPCO chronique

Les spiromètres connectés apportent une réponse concrète au besoin de suivi régulier de la fonction respiratoire chez les patients asthmatiques et BPCO. Ces appareils portables mesurent des paramètres tels que le VEMS (volume expiratoire maximal seconde) ou le débit expiratoire de pointe, et envoient automatiquement les résultats à une application ou à un portail patient. Vous pouvez ainsi visualiser l’évolution de votre souffle au fil des jours et repérer vous‑même les baisses progressives de vos capacités respiratoires.

Pour les médecins, l’accès à ces courbes spirométriques permet de distinguer un simple épisode isolé d’une véritable aggravation de la maladie. Des protocoles de télésurveillance structurés utilisent ces données pour déclencher des plans d’action personnalisés : augmentation temporaire des corticoïdes inhalés, consultation anticipée, voire hospitalisation programmée. En pratique, ces dispositifs IoMT contribuent à mieux contrôler l’asthme, à réduire les exacerbations de BPCO et à améliorer la qualité de vie, en vous rendant plus acteur de votre maladie.

Détection de l’apnée du sommeil par capteurs respiratoires withings sleep analyzer

L’apnée du sommeil reste largement sous‑diagnostiquée, alors qu’elle est associée à un risque accru d’hypertension, d’AVC et d’accidents de la route. Le Withings Sleep Analyzer illustre comment un objet connecté non intrusif peut aider au repérage de ce trouble. Placé sous le matelas, ce capteur analyse vos mouvements, votre fréquence cardiaque et votre respiration tout au long de la nuit, sans nécessiter le port d’un masque ou de capteurs sur le corps.

Grâce à des algorithmes sophistiqués, il identifie des pauses respiratoires, des micro‑réveils fréquents et des ronflements intenses, puis génère un score de probabilité d’apnée du sommeil. En cas de suspicion forte, l’application vous recommande de consulter un spécialiste du sommeil, qui pourra confirmer le diagnostic par une polysomnographie ou une polygraphie ventilatoire. Cette approche, plus simple et moins intimidante qu’un examen hospitalier d’emblée, permet de détecter plus tôt les patients à risque et de les orienter vers une prise en charge adaptée.

Piluliers intelligents et observance thérapeutique automatisée

Prendre correctement ses médicaments, au bon moment et à la bonne dose, reste l’un des défis majeurs du suivi médical, notamment chez les personnes âgées polymédiquées. L’« observance thérapeutique » est pourtant essentielle pour l’efficacité des traitements contre l’hypertension, le diabète, l’insuffisance cardiaque ou encore la dépression. Les piluliers intelligents connectés apportent une réponse concrète à ce défi, en combinant rappels automatisés, suivi des prises et partage d’informations avec les soignants ou les aidants.

Grâce à ces dispositifs IoMT, il devient plus simple de vérifier si un traitement a bien été pris, d’identifier les oublis répétés et de réagir en conséquence. Vous n’êtes plus seul face à une ordonnance complexe : le pilulier devient un véritable assistant médicamenteux. Pour les professionnels de santé, l’accès à un historique fiable des prises permet aussi de mieux interpréter l’inefficacité apparente d’un traitement : s’agit‑il d’un problème de molécule, de dose… ou simplement d’un manque d’observance ?

Medminder et système de rappels programmables avec alertes push multicanales

Le pilulier connecté MedMinder est l’un des exemples les plus aboutis de cette nouvelle génération d’outils. Il se présente comme un boîtier compartimenté par jour et par moment de la journée, mais chaque compartiment est relié à un système électronique. À l’heure prévue de la prise, le compartiment correspondant s’illumine, une alarme sonore peut retentir et, en parallèle, une notification est envoyée sur votre téléphone ou celui de votre proche.

Si le comprimé n’est pas retiré après un certain délai, MedMinder peut envoyer des alertes supplémentaires par SMS, email ou appel vocal à un aidant désigné. L’objectif n’est pas de vous « surveiller », mais de vous épauler au quotidien, surtout si vous avez des troubles de mémoire ou un traitement particulièrement complexe. Toutes les prises (ou oublis) sont enregistrées dans une plateforme en ligne, consultable par les soignants, ce qui permet d’ajuster rapidement l’accompagnement si des difficultés récurrentes sont repérées.

Piluliers connectés AdhereTech à capteurs de poids pour traçabilité pharmaceutique

Les piluliers connectés AdhereTech adoptent une approche légèrement différente, basée sur des flacons intelligents équipés de capteurs de poids. Chaque fois que vous ouvrez le flacon et retirez un comprimé, le système enregistre le changement de poids et en déduit une prise médicamenteuse. Ces données sont envoyées en temps réel vers une plateforme sécurisée, qui permet de suivre avec précision l’observance sur des traitements critiques, comme certaines thérapies anticancéreuses ou antivirales.

En cas d’oubli répété ou de pattern irrégulier, le système peut déclencher des rappels automatiques ou alerter un pharmacien ou un infirmier de coordination. Cette traçabilité pharmaceutique fine est particulièrement utile dans les essais cliniques, où la fiabilité des données d’observance est essentielle, mais elle trouve aussi sa place en pratique courante pour sécuriser des traitements à marge thérapeutique étroite. Là encore, les objets connectés se mettent au service d’un suivi médical plus sûr et plus individualisé.

Réduction des hospitalisations par amélioration de la compliance médicamenteuse documentée

De nombreuses études ont montré qu’une mauvaise observance est responsable d’un nombre significatif de réhospitalisations évitables, notamment en insuffisance cardiaque ou en BPCO. En améliorant la « compliance » médicamenteuse grâce aux rappels intelligents, aux alertes aux aidants et à la visualisation des prises, les piluliers connectés contribuent directement à réduire ces événements indésirables. Pour les systèmes de santé, il s’agit d’un enjeu économique majeur ; pour vous, cela se traduit surtout par une meilleure stabilité de votre maladie et une qualité de vie améliorée.

Les données objectives fournies par ces dispositifs IoMT permettent également d’éviter les malentendus lors des consultations : le médecin ne se base plus uniquement sur vos souvenirs, parfois approximatifs, mais sur des courbes précises de prises. Si un traitement semble inefficace, il peut vérifier d’abord l’observance réelle avant d’envisager des changements de molécule coûteux ou complexes. En ce sens, les piluliers intelligents deviennent un maillon essentiel de la continuité des soins.

Interopérabilité FHIR et intégration des données IoMT aux dossiers médicaux électroniques

Avec la multiplication des objets connectés en santé, un défi central apparaît : comment intégrer toutes ces données hétérogènes dans un dossier médical électronique (DME) cohérent et exploitable par les soignants ? Sans standards communs, chaque dispositif parlerait son propre langage, rendant le croisement d’informations presque impossible. C’est ici qu’intervient le standard FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources), développé par HL7, qui définit une façon unifiée de structurer et d’échanger les données de santé.

En adoptant FHIR, les fabricants de dispositifs IoMT permettent aux plateformes de télémédecine, aux logiciels de cabinet et aux systèmes hospitaliers de récupérer automatiquement les données pertinentes : tension artérielle, glycémie, saturation en oxygène, prises médicamenteuses, etc. Ces informations sont alors intégrées au DME du patient, aux côtés des comptes‑rendus d’hospitalisation, des résultats biologiques et des prescriptions. Pour vous comme pour vos soignants, cela signifie une vision globale et consolidée de votre état de santé, plutôt qu’une mosaïque de données dispersées entre différentes applications.

Concrètement, un cardiologue peut par exemple consulter, dans le même écran, l’évolution de votre poids (balance connectée), vos épisodes de fibrillation auriculaire (montre ECG) et vos hospitalisations antérieures pour insuffisance cardiaque. Cette intégration facilite la prise de décision, améliore la coordination entre professionnels (médecins, infirmiers, pharmaciens) et réduit le risque d’erreurs lié à la saisie manuelle. À terme, l’interopérabilité FHIR est l’un des leviers clés pour passer d’une santé connectée « en silos » à un véritable écosystème numérique centré sur le patient.

Cybersécurité des dispositifs médicaux connectés et conformité RGPD en télémédecine

Si les objets connectés révolutionnent le suivi médical, ils soulèvent aussi des questions légitimes en matière de cybersécurité et de protection des données. Vos constantes vitales, vos diagnostics et vos traitements constituent des informations hautement sensibles. Que se passerait‑il si ces données étaient interceptées ou utilisées à mauvais escient ? Pour éviter ce scénario, les fabricants et les établissements de santé doivent respecter des exigences strictes, notamment le RGPD en Europe et les normes d’hébergement de données de santé (HDS) en France.

Concrètement, cela implique le chiffrement des données lors de leur transmission (protocoles TLS/HTTPS), l’authentification forte des utilisateurs (double facteur), la segmentation des réseaux hospitaliers, mais aussi des mises à jour logicielles régulières pour corriger les vulnérabilités. Les dispositifs IoMT doivent être conçus selon le principe du « security by design », c’est‑à‑dire en intégrant la sécurité dès la phase de conception, et non comme un ajout tardif. Pour vous, cela se traduit par des garanties claires : information transparente sur l’usage de vos données, possibilité d’exercer vos droits (accès, rectification, suppression) et assurance que vos informations ne seront pas revendues à des tiers sans votre consentement.

Les autorités de régulation, comme l’ANSM et la CNIL en France, jouent un rôle de garde‑fou en encadrant le marquage CE des dispositifs médicaux connectés, en contrôlant les hébergeurs HDS et en sanctionnant les manquements graves. De leur côté, les professionnels de santé doivent choisir des solutions de télémédecine et de télésurveillance certifiées, et sensibiliser leurs patients aux bonnes pratiques numériques (choix de mots de passe robustes, mise à jour des applications, prudence face aux emails suspects). La sécurité absolue n’existe pas, mais un haut niveau de protection est indispensable pour que la santé connectée conserve la confiance de tous et continue de transformer positivement le suivi médical au quotidien.