Le fonctionnement de la zonuline dans le contrôle de la perméabilité intestinale

La zonuline

Dans le cas d’un individu normal et en bonne santé, l’intestin présente une certain « perméabilité ». Ce qui lui permet notamment d’accueillir certains nutriments, tout en formant une protection suffisante contre les substances réputées dangereuses comme les bactéries et autres molécules étrangères. Dans cette configuration, quel est le rôle joué par zonuline et comment parvient-elle à contrôler la perméabilité intestinale ? Réponse ci-dessous.

Les molécules de régulation de la perméabilité de l’intestin

La zonuline est une molécule produite naturellement par le corps humain, essentiellement au niveau des muqueuses intestinales. Ce sont les entérocytes, c’est-à-dire les cellules constitutives de la paroi intestinale, qui sont responsables de sa production. L’action de cette molécule se fait prioritairement au niveau des jonctions serrées, autrement dit, des structures situées entre les cellules de la paroi intestinale et qui ont pour fonction de sélectionner les molécules comme les ions, les nutriments et l’eau. Les autres substances comme les microbes sont jugées indésirables. Lorsque les jonctions serrées ne remplissent plus efficacement leur rôle, certaines substances présentes dans l’intestin parviennent à atteindre la circulation sanguine. Il en résulte au final des réactions inflammatoires et l’apparition de maladies chroniques, avec des dommages reconnus au niveau de différents organes.

L’existence de cette molécule de régulation et son rôle sur le plan hormonal n’ont été démontrés que très récemment, au début des années 2000 par le Docteur Fasano et son équipe de chercheurs. Celui-ci menait alors des études pour la mise au point d’un vaccin contre le choléra, lorsqu’il découvre cette protéine similaire à une toxine bactérienne : la toxine Zot (Zonula Occludens Toxin) produite par Vibrio Cholera. Ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraître, la molécule de régulation responsable de la perméabilité de l’intestin s’apparente à l’action de la bactérie responsable… du choléra.

Le syndrome de l’intestin perméable : bon ou mauvais ?

Comme nous venons de le voir ci-dessus, la perméabilité de l’intestin est un phénomène naturel, permettant aux nutriments de traverser l’intestin. La molécule de régulation intestinale a ainsi pour mission principale de contrôler l’étanchéité de l’intestin, par l’entremise des jonctions serrées. Mais il peut arriver que ce phénomène de perméabilité soit « excessif », avec une sur-production de molécules de contrôle, ce qui provoque à terme l’émergence de maladies chroniques et / ou systématiques.

La plupart des médecins s’accordent ainsi sur le fait que la perméabilité de l’intestin est un symptôme et non une cause de certaines maladies, telles que la maladie de Crohn ou la maladie cœliaque. De fait, si l’augmentation de la perméabilité de l’intestin ne suffit pas à déclencher une maladie, elle constitue tout de même un facteur de risque, qui peut également être le révélateur de certaines prédisposions génétiques. Certaines recherches tendent cependant à démontrer qu’une perméabilité accrue de l’intestin peut conférer des effets bénéfiques, comme par exemple une meilleure absorption de l’eau et des nutriments, ainsi qu’une activation certaine du système immunitaire.

Quels sont les aliments responsables d’une perturbation intestinale ?

Le bon fonctionnement de la molécule de contrôle et de régulation intestinale peut être perturbé par certains aliments, comme le gluten (notamment le gluten du blé), les produits laitiers (caséine) et certains AINS (anti-inflammatoires non-stéroïdiens). Cette liste, loin d’être exhaustive, révèle la nocivité de certains aliments responsables d’une production anormale de la molécule. Il en résulte au final une mauvaise digestion. Certaines personnes atteintes par exemple de maladie cœliaque présentent une quantité anormalement accrue de récepteurs CXCR3, situés à la surface des entérocytes et particulièrement exposés à certaines substances comme la prolamine contenue dans le blé, le seigle et l’orge. Dans tous les cas, la consommation de suppléments faisant l’objet d’une commercialisation abusive sera fortement déconseillée dans le traitement d’une affection intestinale.

D’autres substances non-alimentaires sont également responsables d’une formation excessive de molécule de régulation. On pense notamment au bisphénol A, présent dans de nombreux plastiques alimentaires, et qui peut conduire à une élévation de la quantité de molécule de contrôle dans le sang et la muqueuse du côlon.

Quels nutriments à privilégier pour le fonctionnement des jonctions serrées ?

Pour renforcer la barrière intestinale et préserver les organes, plusieurs dispositions alimentaires peuvent être prise. Par exemple, on aura tendance à privilégier les aliments contenant deux acides aminés : la glutamine et la glycine, dont l’action bénéfique pour les jonctions serrées est avérée. Le déficit de L-glutamine, entre-autres, est responsable de la baisse de production des protéines au niveau des jonctions serrées. L’administration de L-glutamine sur une période de 8 semaines pourra contribuer à soulager le syndrome de l’intestin irritable, qui est la résultante d’un épisode infectieux.

Dans le but de soigner la paroi intestinale endommagée, on aura également recours à la glycine. La L-sérine, qui est un acide aminé présent naturellement dans les protéines et dans certains produits animaux, contribue également au renforcement des systèmes nerveux et immunitaires.

Ainsi pour résumer, il convient d’insister sur le caractère « dynamique » de la perméabilité de l’intestin par l’entremise des jonctions serrées. Cette situation permet non seulement l’absorption massive de nutriments, mais également la surveillance du contenu microbien contenu à l’intérieur de l’intestin. La stimulation accrue de la molécule de régulation par le biais de la gliadine contenue dans le blé n’est pas une fatalité. Il est toujours possible de « réparer » l’intestin en évitant ainsi les aliments susceptibles d’exciter la production de l’hormone intestinale. A privilégier dans la consommation journalière : tous les acides gras insaturés, les aliments riches en antioxydants et riches en fibres.

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